Diane Langlumé - Journaliste

France : Arles

Du romain au roman : 2000 ans d’histoire

février 2003 par Diane Langlumé

Ville de 50 000 habitants, située en Provence sur les bords du Rhône, l’on évoque souvent Arles pour la richesse de son patrimoine. Colonie romaine devenue haut lieu de l’architecture romane provençale au Moyen-Age, sept de ses monuments ont été inscrits au Patrimoine Mondial de l’UNESCO en 1981.

Théliné, cité antique

Lieu d’habitat celte, Arles s’appelle d’abord Théliné. De nombreuses poteries ont été retrouvées sur le site, qui semblent indiquer que Théliné était un poste stratégique du trafic fluvial entre Massalia (Marseille) et la Gaule du Nord. Au 4e siècle av. J.-C., Théliné devient Arelate ou "ville proche des marécages"...

Les temps romains

En 102 av. J.-C., Marius commence la construction de la Fossae Marianae, un canal dont le tracé suit le cours du Rhône et relie Arelate à la mer Méditerranée. Arelate devient ainsi un important port de commerce. En 46 av. J.-C., Arles devient romaine par la grâce de César qui y implante les vétérans de ses légions. Arelate devient Colonia Sextanorum, colonie romaine. Son port fait d’elle l’une des villes les plus riches de la Gaule sous le règne d’Auguste, et sous le règne de Constantin (306-337), Arles est devenue la seconde capitale de l’empire Romain, et Ausone la surnomme "la petite Rome de la Gaule". C’est le premier âge d’or d’Arles, qui devient un grand centre religieux des premiers temps de la Chrétienté, et l’un des principaux ports de l’empire Romain. De cette époque faste, Arles conserve d’impressionnants monuments : les arènes, le théâtre antique, et les cryptoportiques, qui datent du 1er siècle av. J.-C.

Arles connaît au 4e siècle un second âge d’or dont témoignent les thermes de Constantin et la nécropole des Alyscamps.

En plus des monuments romains cités ci-dessus, un obélisque romain a été retrouvé dans le Rhône et érigé au 17e siècle sur la place de la République.

Siège d’un évêché, du 4e siècle jusqu’à 1790, de nombreux conciles se sont tenus à Arles.

L’époque médiévale

Après la chute de l’empire Romain en 476, Arles subit les invasions barbares des Wisigoths puis des Ostrogoths. Ruinée et meurtrie par ces invasions du haut Moyen Age, Arles ne renaît qu’au 11e et 12e siècles, où elle devient la capitale du Royaume d’Arles. La ville prospère ainsi, et la splendeur de ses monuments médiévaux, dont le cloître et le portail de Saint-Trophime, atteste de la vitalité et de la richesse de cette époque.

En 1521, Arles est rattachée de manière permanente au Comté de Provence. A partir de là, Arles a continué de prospérer jusqu’à ce jour, jouant un rôle majeur dans l’économie de la région. Au 17e et 18e siècles, de nombreux hôtels particuliers sont construits, qui forment aujourd’hui le centre historique d’Arles, où sont regroupés les monuments classés par l’UNESCO.

Arles aujourd’hui

Arles est aujourd’hui célèbre à plus d’un titre. Tout d’abord pour les peintres impressionnistes (Gauguin, Van Gogh...) qui y ont séjourné et l’ont immortalisée (Van Gogh y a peint plus de 200 toiles). Mais aussi pour sa Feria du Riz en septembre, qui célèbre le début de la récolte de riz, avec des combats de taureaux dans les Arènes. Elle est également un haut lieu de la photo : siège de l’Ecole Nationale de la Photographie, Arles accueille tous les étés les Rencontres Internationales de Photographie. Très touristique, Arles est également le point de départ des visites de la Camargue, dont une bonne partie occupe son territoire communal, le plus vaste de France (75 893 hectares). Depuis 1986, Arles est classée "Ville d’art et d’histoire".

Les sept monuments inscrits au Patrimoine Mondial de l’UNESCO

Les arènes

Les arènes ont été érigées vers 90 av. J.-C. et représentent la principale attraction touristique d’Arles à ce jour. Elles pouvaient asseoir jusqu’à 20 000 personnes. Après le départ des Romains, les arènes ont été utilisées à la manière de remparts, qui abritaient un village et deux églises.

Le théâtre antique

Bâti par l’Empereur Auguste à la fin du 1er siècle av. J.-C., le théâtre pouvait accueillir près de 12 000 spectateurs. Ses gradins ont été partiellement restaurés, mais le pavage de l’orchestre est d’origine, ainsi que les deux colonnes de la scène. On y a mis à jour dans le théâtre de nombreux objets d’art, dont la célèbre statue de la Vénus d’Arles, exposée au Musée du Louvre.

Les cryptoportiques

Construits au 1er siècle av. J.-C., les cryptoportiques étaient les soubassements du Forum romain (Le Museon Arlaten a été bâti sur les ruines du Forum). Ils ont forme de fer à cheval, et sont constitués par trois galeries souterraines qui se coupent à angle droit.

Les thermes de Constantin

Les thermes, qui aujourd’hui ne sont plus alimentées en eau, ont été construites au 4e siècle.

La nécropole des Alyscamps

En provençal, "Alyscamps" vient du latin Elysii Campi (« Champs Élyséens ») et désigne le séjour des héros et des hommes vertueux après leur mort, chez les Romains. Ce vaste cimetière, qui jadis ceignait Arles, était l’un des plus imposants du monde, et l’on y venait de toutes parts pour s’y faire enterrer aux côtés des premiers évèques d’Arles. Il a été abandonné à la Révolution.

Le cloître et le portail Saint-Trophime

L’ancienne primatiale Saint-Trophime (11e, 12e, et 15e siècles) est un des monuments majeurs de l’art roman provençal. Elle est célèbre pour son portail, qui a été entièrement restauré entre 1987 et 1994.


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