Diane Langlumé - Journaliste

Libye - Jamahiriya arabe libyenne (Sites archéologiques de Leptis Magna, Sabratha et Cyrène)

Les plus belles ruines greco-romaines d’Afrique du Nord

février 2003 par Diane Langlumé

Tous trois inscrits au Patrimoine Mondial de l’UNESCO depuis 1982, les sites de Leptis Magna, Sabratha et Cyrène sont les joyaux de la Libye.

Leptis Magna (aujourd’hui Lebda)

Considérée comme le plus beau site romain de toute la Méditerranée, Leptis Magna, située à l’Est de Tripoli, était à l’origine un village berbère. La ville fut fondée au IXe siècle av. J.-C. par les Phéniciens, puis passa sous contrôle carthaginois, avant de devenir l’alliée de Rome à la suite de la troisième Guerre Punique. Trajan l’éleva au rang de colonie romaine. Embellie et agrandie par un enfant du pays devenu empereur, Septime Sévère (193-211), Leptis Magna prospéra sous la domination romaine et vécut son apogée au IIIe siècle. Puis elle devint la capitale de la Tripolitaine sous Dioclétien. Détruite par les Vandales et les Berbères au Ve siècle, elle connut une brève renaissance au VIe siècle quand les Romains reprirent la ville et entreprirent de la rénover. Leptis Magna fut totalement abandonnée aux sables du désert à la suite de la conquête islamique, au VIIe siècle.

Bien que Leptis Magna ait fourni des matériaux de construction aux divers pillards tout au long de l’histoire, elle ne fut remise au jour qu’en 1921 par les fouilles italiennes. C’est en partie grâce au sable qui l’a recouverte pendant quelque 800 ans que Leptis Magna est si bien préservée aujourd’hui.

L’une des plus belles villes du monde romain, avec son forum, son théâtre, son amphithéâtre, ses thermes, son arc de triomphe, ses temples, son port artificiel, son marché, ses entrepôts, ses ateliers et ses quartiers d’habitation, Leptis Magna a compté près de 80 000 habitants à son apogée. Sa richesse lui est venue du commerce des esclaves, de l’or, de l’ivoire et des métaux précieux en général, ainsi que de la fertilité de ses terres agricoles.

Malheureusement, Leptis Magna reçoit moins l’attention qu’elle le mérite, en raison des tensions politiques en Libye qui rendent les déplacements et le tourisme en général sur le site particulièrement difficiles.

Sabratha

Située à l’Ouest de Tripoli, Sabratha connut une histoire assez similaire à celle de Leptis Magna. Elle fut fondée au Ve siècle av. J.-C. par les Carthaginois. Après la destruction de Carthage en 146 av. J.-C., elle tomba aux mains du royaume Numide de Massinissa. Puis elle fut annexée à la Province Romaine d’Afrique et reconstruite aux IIe et IIIe siècles. Sous l’empire Romain, Sabratha prospéra, tout en restant au second plan par rapport à Leptis Magna.

Sa croissance connut deux étapes : la première vit la construction de l’Agora et de la Basilique qui lui est attachée, ainsi que du Forum. La seconde, quant à elle, fut marquée par la construction du quartier est de la ville. La majeure partie des ruines de Sabratha remonte au règne des Empereurs Romains, en particulier Antonin le Pieux et Marc Aurèle.

Comptoir drainant les produits de l’Afrique intérieure, Sabratha était célèbre pour son commerce de l’ivoire et des autruches, dont les plumes et les œufs étaient très prisés.

Au Ve siècle, Sabratha fut occupée par les Vandales qui la pillèrent et la laissèrent à l’abandon. Justinien, empereur byzantin, occupa Sabratha en 633 et fortifia la ville. Il construisit une Eglise somptueuse, dont le sol fait de mosaïques est aujourd’hui exposé au musée de la ville. De nouvelles maisons furent édifiées sur les ruines de l’ancienne ville.

Comme Leptis Magna, Sabratha disparut avec l’invasion arabe au VIIe siècle. Les fouilles italiennes ont mis au jour le Forum, les Thermes, le Temple d’Isis, l’Amphithéâtre et surtout le Théâtre, l’un des mieux conservés de l’Antiquité.

Cyrène (du grec Kurênê)

Capitale de la Cyrénaïque, la ville tient son nom de Kurênê, descendante du dieu-fleuve Pénée, qui fut fut aimée d’Apollon. Celui-ci l’emmena en Libye, où elle lui donna un fils, Aristée. Fondée au VIIe s. av. J.-C. par des colons doriens de l’île de Thêra (Santorin), Cyrène fut l’une des principales villes du monde hellénique.

Après l’extinction de la dynastie des Battiades (Ve siècle), elle se soumit à Alexandre le Grand en 331 av. J.-C., puis fut annexée au royaume égyptien des Lagides. Elle passa sous la domination romaine au Ier s. av. J.-C. Elle resta une grande capitale jusqu’au tremblement de terre de 365. Les Arabes la détruisirent au VIIe siècle.

Les ruines de Cyrène sont célèbres depuis le XVIIIe siècle. La ville s’étend sur un territoire très important et n’est que partiellement excavée, conférant au site un certain charme romantique. En effet, rares sont les sites inscrits au Patrimoine Mondial à conserver cet attrait particulier : une portion suffisante de la ville a été ressuscitée pour permettre au visiteur d’imaginer Cyrène telle qu’elle fut à son apogée, mais mosaïques et statues inestimables gisent encore sous le sable, prêtes à être découvertes.

Les vestiges principaux de Cyrène sont les sanctuaires d’Apollon et de Zeus, les Thermes, le théâtre, l’Agora, les temples, le Gymnase, l’immense Nécropole, et la Fontaine d’Apollon, tous bâtis sur le modèle de ceux de Delphes.

Cyrène constitue sans nul doute la mieux préservée de toutes les villes grecques de la Cyrénaïque.

LEGENDES PHOTOGRAPHIQUES (Photographies : Erick Bonnier / Satelight)

PHOTO 1 : Les trois grâces exposées au musée de Tripoli.

PHOTO 2 : Tête de Zeus découverte dans le temple de Zeus à Cyrène.

PHOTO 3 : Détail de l’église centrale d’Apollonia.

PHOTO 4 : Vue générale des thermes d’Apollonia.

PHOTO 5 : Fragment de poterie datant du Ve siècle av. J.-C.

PHOTO 6 : Poterie et vaisselle quotidienne retrouvées dans les ruines de Cyrène.

PHOTO 7 : Lampe à huile bifide (à deux langues) de l’époque Ptolémaïque.

PHOTO 8 : Poterie et poids retrouvés dans le port d’Apollonia.

PHOTO 9 : Statuette en bronze représentant le dieu Hermès.

PHOTO 10 : Nettoyage des vestiges archéologiques et grattage après la désalaison en eau douce et le séchage.

PHOTO 11 : Pilier des thermes d’Apollonia.

PHOTO 12 : Amphithéâtre d’Apollonia.

PHOTO 13 : Vue générale du sanctuaire d’Apollon à Cyrène.

PHOTO 14 : Détail du temple d’Apollon à Cyrène.

PHOTO 15 : Détail de statue sur l’Agora de Cyrène.

PHOTO 16 : Le temple de Zeus à Cyrène.

PHOTO 17 : L’immense nécropole de Cyrène couvre environ 10 km². Des centaines de tombes creusées à même les collines sont encore visibles, certaines en forme de mausolées ou de temples.

PHOTO 18 : Dallage en marbre travaillé sur la place de l’Agora à Cyrène.

PHOTO 19 : Sanctuaire circulaire de Déméter et Coré.

PHOTO 20 : Portique ouvrant sur le Ptolémaïon.

PHOTO 21 : L’Amphithéâtre de Cyrène.

PHOTO 22 : Enfilade de statues le long de l’Agora à Cyrène.

PHOTO 23 : Détail de bas-relief sur un sarcophage à Cyrène.

PHOTO 24 : Divinité grecque à Cyrène.

PHOTO 25 : Vue générale du Forum de Leptis Magna.

PHOTO 26 : Basilique de Leptis Magna.

PHOTO 27 : Sortie de l’eau d’une amphore par l’équipe de la Mission Archéologique Française en Libye.

PHOTO 28 : Chambre chaude des Thermes de la Chasse à Leptis Magna.

PHOTO 29 : Fresque représentant une scène de chasse dans les Thermes de la Chasse à Leptis Magna.

PHOTOS 30 – 31 : La place du marché à Leptis Magna.

PHOTO 32 : Détail du Forum de Leptis Magna.

PHOTO 33 : Tête de Méduse sur l’un des portiques du Forum de Leptis Magna.

PHOTO 34 : Détail à décor Bachique dans la Basilique de Leptis Magna.

PHOTO 35 : L’amphithéâtre de Sabratha.

PHOTO 36 : Détail de statue d’athlète à Sabratha.

PHOTO 37 : Mosaïque représentant la tête du dieu Océan à Sabratha.

PHOTO 38 : Mosaïque représentant une Muse.

PHOTO 39 : Mosaïque représentant une divinité romaine.

PHOTO 40 : Temple d’Isis à Sabratha.

PHOTO 41 : Tête de femme notable au Musée de Tripoli.

PHOTO 42 : Mosaïque représentant une scène de pêche au musée de Tripoli.


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